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Dernière mise à jour le 3 février 2012
En Février 2012, l'astéroïde binaire (22) Kalliope atteindra l'un de ses équinoxes annuel. En conséquence, le plan de l'orbite de son petit satellite, Linus, contiendra également le Soleil. Cette configuration particulière donne lieu à des éclipses mutuelles entre chaque membre du système binaire. Vus depuis le Soleil, l’un passe devant l’autre. Vus depuis la Terre, l’ombre de l’un se projette sur la surface de l’autre, enlevant ainsi un peu de la lumière solaire du système rediffusée vers la Terre. De tels phénomènes se produisent tous les 5 ans.
Ils ne sont donc pas rares mais sont en revanche sont difficiles à observer. Une campagne internationale dédiée à l’observation photométrique de ces éclipses est organisée et coordonnée par l'IMCCE. C'est la seconde campagne de ce type, la première ayant eu lieu en 2007 (Descamps et al, 2008).
Nous avons amélioré le modèle orbital du système Kalliope - Linus (F.Vachier et al 2012) en utilisant notre nouvel algorithme génétique appliqué aux astéroides binaires. La solution obtenue montre des résultats dont les résidus moyens sont de l'ordre de 15 milli-arc-secondes. Le graphique présente les cordes de disparition et réapparition de l'étoile, lors de l'occultation de 2006 au Japon. La solution orbitale obtenue pour le couple Kalliope - Linus, est a ce jour, l'orbite de satellite d'astéroides, la plus précise. Nous utilisons cette solution pour calculer les phénomènes mutuels entre le satellite et son primaire.
En raison de l'évolution rapide de la géométrie relative du système par rapport à la Terre et au Soleil, la saison des phénomènes mutuels dure à peine plus d’un mois. Les éclipses mutuelles auront lieu principalement en février 2012. La déclinaison positive de Kalliope (34°) favorisera les télescopes de l’hémisphère nord. L’éclat relativement brillant de Kalliope (mv = 11 à une distance géocentrique d'environ 2UA) permet à de petits télescopes ayant une ouverture d'au moins 20 cm de capter ces phénomènes fugaces.
L'atténuation produite varie entre 0.03 et 0.07 magnitudes pour une durée d’environ 2 heures. La forme de la baisse de luminosité dépend de la forme irrégulière de Kalliope. Nous avons estimé qu’une précision photométrique d'environ 0.02mag est nécessaire pour mettre en évidence ces petites variations photométriques. L’éclipse ne peut être mise en évidence qu’à la condition de disposer de courbes de lumière « saines » de référence enregistrées à la veille ou au lendemain du phénomène.
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Ces observations photométriques d'éclipses mutuelles nous permettront d'améliorer encore notre connaissance des propriétés physiques et orbitales de ce
système binaire étonnant. Ces événements offrent une occasion unique de mesurer indirectement la taille de Kalliope qui régit principalement la durée d'un événement.
Par ailleurs, la datation précise des instants de début et de fin d'éclipse nous permet de contraindre très fortement la solution orbitale du mouvement de Linus autour de Kalliope. |
La table 1 présente l'ensemble des phénomènes observables. Pour chacun d'entre-eux sont donnés les instants de début et fin, la durée, la chute en magnitude et la phase géométrique.
La figure 2 illustre par l'exemple une courbe de lumière de rotation de Kalliope. La légère atténuation visible sur la courbe de lumière trahit l'existence d'un phénomène. Si l'on dispose d'une courbe de lumière de Kalliope "pure", c'est-à-dire exempte de tout phénomène, il suffit alors de la retirer de celle comportant le phénomène pour obtenir la courbe de lumière de celui-ci.
L'amplitude de l'atténuation ainsi que sa durée, de l'ordre de deux heures, sont directement fonctions du rapport de taille entre les deux corps et de la taille du corps principal, dit corps primaire. La courbe de lumière "pure" est appelée courbe de référence et s'obtient par une observation photométrique de Kalliope réalisée la veille et/ou le lendemain du phénomène.
Les instants de début et fin sont donnés avec une précision d'une minute.